Les crimes et incendies s'affichent en WebMapping
J'ai récemment découvert deux applications cartographiques qui m'ont interpellées tant par leur contenu que par le choix de leur architecture. Ainsi, au-delà de la découverte de chacune d'entre elles, j'effectuerai un rapide comparatif en privilégiant une approche technique..
La première, cartocrime, fait suite à l'initiative de l'Observatoire National de la Délinquance de démocratiser l'accès aux statistiques de délinquance. D'abord sous forme de bulletins mensuels, leur stratégie de communication s'est progressivement orientée vers une représentation cartographique des données.
Néanmoins, je dois avouer avoir été déçu par la qualité de l'application proposée. En effet, l'interface mériterait largement un coup de jeune! J'ai l'impression de repartir trois ou quatre ans en arrières lors des balbutiements du webmapping.
Côté architecture, nous sommes là aussi sur des choix qui mériteraient d'être discutés. La partie moteur est constituée du trio TomCat/Apache/ArcGis Server, la partie base de données étant assurée par postgres. Étant un fervent défenseur des technologies OpenSource, j'aurais pour ma part choisi une architecture beaucoup plus souple. Pourquoi ne pas remplacer ArcGis Server par GeoServer (complémentarité avec tomCat - techno Java) et quitte à utiliser postgres autant y coupler sa cartouche spatiale PostGis.
Dernière petite remarque, même si je ne suis pas expert en sémiologie graphique, il me semble néanmoins que la représentation cartographique de valeurs quantitatives se fait par symboles proportionnels et non par plages de couleur.

Passons maintenant à la seconde application réalisée par l'European Forest Fire Information System (EFFIS). Celle-ci a pour objectif de fournir des informations actualisées (quotidiennement) et fiables de la situation des feux de végétation en Europe.
Grâce aux icônes, immédiatement reconnaissables, il est facile de deviner que derrière l'interface cartographique se cache OpenLayers. De plus, au regard des URLs qui transitent dans mon navigateur, on reste sur des standards OGC avec des tuiles servies au format WMS. Enfin, des rares informations que j'ai pu trouver, il semble que l'architecture est constituée de MapServer comme serveur cartographique et Oracle comme base de données.
Inutile de vous préciser que l'éventail des fonctionnalités est beaucoup plus riche que sur cartocrime. Il en est de même pour la facilité et la compréhension de l'accès à l'information. D'ailleurs, le mode de représentation des données est cette fois adéquate puisque les valeurs sont d'ordre qualitatif !

Au final, la découverte de ces deux applications à quelques jours d'intervalles m'amène à réfléchir sur les capacités réelles des éditeurs de logiciels propriétaires à pouvoir évoluer suffisamment rapidement dans un domaine en mouvement continuel. Le choix de cartocrime de privilégier une solution aussi lourde est discutable, peut-être que la facilité de gestion et d'administration a été un facteur important dans leur décision. Néanmoins, le comparatif avec ce que propose l'EFFIS est sans appel ! Il est clair que cette dernière est nettement plus agréable.

Bonjour Arnaud A mon avis ce
Bonjour Arnaud
A mon avis ce n'est pas la technologie qui est à mettre en cause ici et encore moins le comparatif libre / propriétaire.
Sans porter de jugement sur la meilleure des deux applications, je pense que les deux technologies pourraient arriver à rendre le même résultat avec une charge de travail équivalente dans les deux cas. Et il est notamment très simple de faire une carte en symboles proportionnels avec ArcGIS Server, mais peut être que cela aurait un peu compliqué le développement de la partie "création de carte".
Bref pour moi les choix technologiques n'ont rien à voir dans les différences de ces applications
Ludo
Bonjour Ludo, En effet ton
Bonjour Ludo,
En effet ton raisonnement est juste, la charge de travail n'a pas été prise en compte. Sans ce facteur cela reviendrait un peu à comparer une pomme et une poire... Mais ce que je souhaitais mettre en avant portait sur le fait que l'on peut faire tout aussi bien et même mieux avec des composants OpenSource.
Néanmoins, je continue à penser (pour avoir testé ArcGis server pendant 2 mois) que l'architecture mise en place est particulièrement lourde. Surtout au regard du rendu final...
Enfin, concernant la sémiologie graphique, le non-respect des bases de la cartographie amène les gens à ne plus savoir lire et comprendre une carte ( Vivement un grand retour de M. Roger Brunet ). D'autant plus depuis l'explosion du "tout" webmapping ou une carte se résume à quelques marqueurs.
"sur le fait que l'on peut
"sur le fait que l'on peut faire tout aussi bien et même mieux avec des composants OpenSource."
Ah ça j'en suis effectivement persuadé. Côté webmapping, la différence proprio / open source n'existe pas ... Et côté support c'est bien encore pire et l'avantage du libre est évident du fait de sa communauté. Mais ça ouvre de belles perspectives avec la possibilité pour chaque projet de choisir la ou les solutions techniques qui correspondent le mieux au projet (et pourquoi pas mixer du propriétaire et de l'open source) je trouve ça particulièrement sympa comme perspectives ... On n'est pas prisonnier d'une technologie et finalement on colle bien aux bases des SIG de faire de l'analyse de besoins qui conditionnera la suite ...
Je suis assez d'accord également sur la lourdeur d'ArcGIS Serveur, j'ai l'impression que le passage par les diverses api javascript, flex ou autres pourraient amener de belles améliorations toute fois.
Et encore d'accord sur les problèmes de sémiologie qui prospèrent particulièrement sur le web, à ça je vois plusieurs raisons, les difficultés techniques qu'il y avait autrefois à faire des symboles proportionnels par exemple mais aujourd'hui ça semble plus simple, le fait qu'il y a surement pas mal de choses faites par des gens qui ne sont pas cartographe, soit la possibilité à l'utilisateur de faire ce qu'il veut, soit des appli développées plutôt par des informaticiens sans prendre en compte ce genre de choses ... Peut être également une sémiologie qui n'est pas prévue pour le web, mais y a des gens qui réfléchissent à ça en ce moment il me semble.
C'est le syndrôme google (ou tout logiciel qui permet de faire des choses simplement sans en connaitre les mécanismes / concepts sous jacent) ... qui amène des outils pour tout le monde et tout le monde pense savoir faire. Le genre de chose qui va nous donner du boulot dès aujourd'hui et dans l'avenir, mais ce n'est pas simple à gérer parfois ;-)
Ludo
Ton commentaire résume à lui
Ton commentaire résume à lui seul la vision actuelle que j'ai du WebMapping !
Concernant la partie propriétaire et particulièrement Esri, je tiens à nuancer mon discours. Car je n'ai, pour le moment, trouvé aucun logiciel SIG comparable au produit desktop : ArcGis. C'est un vrai plaisir de travailler avec cet outil.
Par contre mon discours reste le même pour la partie Web ^^
Merci pour tes remarques toujours aussi pertinentes.
Arnaud